La vengeance de Voldemort
“-
Harry ! Viens manger ! cria la tante Pétunia, depuis l’entrée.
- J’arrive !”
lança-t-il en réponse, en quittant son bureau.
Deux jours s’étaient écoulés, depuis qu’il avait reçut
l’invitation de Ron. La journée avait très mal commencé. En effet, Dudley
avait, une fois de plus, fait exploser la balance, ce qui avait provoqué la
colère de l’oncle Vernon, qui décidé à se plaindre auprès “des fabricants qui
vendent de la camelote et trompent la confiance des consommateurs”, sortait,
deux minutes après la mésaventure, claquant furieusement la porte. Harry, assis
en haut des escaliers, observait la scène en se disant que les fabricants n’y
pouvait rien si Dudley n’avait pas le gabarit moyen dont ils s’inspiraient pour
construire leurs balances. Ils ne pouvaient pas savoir qu’il existait des
adolescents qui pesaient plus de cent trente kilos. Il avait hâte de pouvoir
fuir cette folie et que les Weasley viennent le chercher. Il en était là dans
ses réflexions quand il entendit un hurlement furieux retentir dans le jardin,
accompagné de jurons. L’oncle Vernon, rouvrit violemment la porte et s’arrêta
sur le seuil, rouge de colère.
“Harry ! Descend immédiatement !!!!” hurla-t-il à en
faire trembler les murs.
Harry, se demandant vaguement ce qu’il avait pu faire, ou
ne pas faire, descendit lentement les escaliers, tout en songeant que son oncle
se rappelait encore de son prénom.
“- Qu’est-ce que c’est que ça ? hurla l’oncle Vernon, en
l’apercevant, en lui montrant une lettre en parchemin.
- Ben, une lettre
! répondit simplement Harry.
- Envoyée
par....! s’étrangla l’oncle Vernon.
- Hibou ? suggéra Harry.
- Comment oses-tu ?”
L’oncle Vernon avait atteint le sommet de sa fureur. Il n’arrivait
même plus à parler. Harry, pendant ce temps, s’efforçait de garder son calme,
adossé à la rambarde de l’escalier. La tante Pétunia et Dudley s’étaient
réfugiés dans la cuisine. Sûrement pour ne pas faire les frais de la colère de
l’oncle Vernon.
“- Je t’avais interdit, il me semble, d’écrire à tes...
tes... semblables ! hurla l’oncle Vernon, en retrouvant l’usage de sa voix.
- C’était il y a
deux ans ! répondit tranquillement Harry. Et puis, si je ne peux pas écrire,...
Sirius se poserait des questions !” ajouta-t-il avec un petit sourire en coin.
Harry avait touché la corde sensible. Son oncle se calma
aussitôt et parut même effrayé. En effet, pour tout le monde (sorciers et
Moldus confondu), Sirius était un dangereux criminel en fuite. Ce qui n’était
pas du tout le cas, il avait en fait été accusé de meurtres qu’un autre avait
commis. Cependant, Harry avait, bien évidemment, passé sous silence ce petit
détail. D’ailleurs, c’était grâce à son parrain qu’il avait une vie un peu plus
facile ces derniers temps. En effet, la crainte des Dursley de voir un
“criminel” arriver chez eux et les transformer en chauve-souris, si Harry avait
des problèmes, avait permis à Harry de garder ses affaires dans sa chambre et
de profiter de libertés un peu plus importantes. L’oncle Vernon, lui tendit
alors, précipitamment, la lettre, sans dire le moindre mot et rejoignit les
deux autres, dans la cuisine. Harry sourit et regagna sa chambre avec la
lettre, qu’il ouvrit. Il reconnut l’écriture, précipitée de Ron.
“Harry,
Je t’écris rapidement, pour te dire qu’on viendra par la
poudre de cheminette, alors attend nous dans le salon, à 14h00 !
A tout à l’heure !
Ron.”
Le reste de la matinée passa sans trop de problèmes, et
Harry profita de ce moment de calme pour faire une partie de ses devoirs, pour
la rentrée. Cependant, il eut droit à une petite visite de Dudley, qui entra
sans frapper, comme à son habitude. Il se figea sur le seuil en voyant Harry,
assis sur son lit, occupé à cirer sa baguette. Celui-ci adressa un regard en
coin à son cousin. Celui-ci, gros et gras, plus large que haut, avec son pyjama
rose bonbon, avait vraiment l’air d’un cochon avec une perruque blonde. Son
expression horrifiée et sa bouche pendante lui donnaient l’air encore plus bête
que d’habitude. Il recula précipitamment et claqua la porte avant de hurler
dans l’escalier.
“Maman ! Harry fais “tu sais quoi” !”
Aussitôt, Harry entendit les pas lourds de l’oncle
Vernon, qui montait en vitesse l’escalier. Harry se contenta de faire comme si
de rien n’était, même quand la porte de sa chambre s’ouvrit à la volée,
laissant apparaître l’oncle Vernon, son impressionnante moustache, agitée de
tics nerveux, son visage violacé convulsé, contrastant avec ses épais cheveux
noirs et sa carrure massive.
“- Je croyais que tu n’avais pas le droit de...!
hurla-t-il.
- Je ne fais pas
de magie ! lança tranquillement Harry. Je ne fais que la nettoyer ! Mais...!
- Mais quoi ?
s’inquiéta son oncle, posant les yeux sur la baguette de Harry.
- Si vous
continuez à m’embêter, je pourrais peut-être avoir l’idée de m’en servir !”
Entendant ses mots, l’oncle Vernon blêmit, referma la
porte et redescendit l’escalier. L’incident était clos.
Arriva donc l’heure du déjeuner. Harry descendit l’escalier
et rejoignit les Dursley dans la cuisine. Aucun d’eux ne lui adressa le moindre
mot. Ni l’oncle Vernon, caché derrière son journal, ni Dudley assis à l’autre
bout de la table et qui triturait sa serviette, ni la Tante Pétunia, une femme
mince au cou plus long que la normal et au visage chevalin, qui finissait de
préparer le repas, près de l’évier. Le déjeuner se passa en silence, dans une
ambiance plus que tendue. Dès qu’il eut avaler son quart de pamplemousse, Harry
quitta la table et remonta dans sa chambre, pour finir de préparer ses affaires
et se préparer un déjeuner digne de ce nom. Deux heures plus tard, il venait de
fermer sa valise quand...
Un hurlement de terreur des Dursley retentit dans le
salon.
“Qu’est-ce qu’ils ont encore ? marmonna Harry en jetant
un regard à son réveil. Déjà 14h00 ? Et... ! Oups...! J’avais oublier de
les prévenir que les Weasley venaient me prendre aujourd’hui !”
Il se rua hors de sa chambre, descendit quatre à quatre
les marches de l’escalier, déboula dans l’entrée, croisant au passage les
Dursley, effrayés, qui se ruaient dans la cuisine, et s’engouffra dans le
salon.
“- Ah, te voilà, Harry ! lui lança quelqu’un. On
commençait à croire que tu t’étais perdu en route !
- Ron ? Vous êtes déjà là ?” s’exclama Harry, avec
étonnement, en s’adressant à un des trois garçons roux, debout devant la
cheminée, accompagnés de leur père.
Ron, adossé contre le mur, le visage criblé de taches de
rousseurs, en compagnie de Fred et Georges, les jumeaux de la famille, eux aussi
scolarisés à Poudlard et qui y commencerait, cette année, leur septième et
dernière année, à Gryffondor et batteurs de l’équipe de Quidditch. Leur père,
grand mince, le crâne dégarnie, travaillait au ministère de la Magie, au bureau
de détournement de l’artisanat Moldus et était passionné par tout ce qui
touchait aux Moldus. Exceptionnellement, il ne s’intéressait pas à tout ce qui
se trouvait dans le salon.
“- Ben, à priori, oui ! répliqua Fred.
- Eh ben, on
leurs à fait peur à tes Moldus ! rigola Georges. On aurait crû qu’ils avaient
vu le diable !
- Ben, ils ont
été quelques peu surpris ! avoua Harry. J’ai oublié de leurs dire que vous
veniez me prendre !
- Je comprend
mieux, maintenant, pourquoi ils se trouvaient dans le salon ! remarqua Ron en
souriant.
- A ce que je
vois, tu n’as pas encore descendu tes affaires ! observa Fred.
- Whouah !
J’adore ton sens de l’observation, Fred ! se moqua Ron.
- On va te les chercher,
d’accord Harry ? Ta chambre est toujours au même endroit, je suppose ?” lança
Georges avant de sortir du salon, avec son frère jumeau.
Il revinrent deux minutes plus tard, portant la lourde
valise de Harry, et la cage vide d’Hedwige.
“- Voilà ! lancèrent-ils d’une voix satisfaite.
- Bon, faudrait
peut-être penser à y aller ! intervint Mr Weasley. Les Moldus vont finir par
revenir dans le salon !
- Mouais ! Mais,
papa, si j’étais toi, j’m’inquièterai pas trop pour ça ! Ils risquent pas de
vouloir nous revoir, après le coup des Pralines-Longue-Langue ! rigola Fred,
jetant un regard de connivence à son jumeau.
- Et tu es fier
de ça, en plus ! s’énerva son père. Ce n’est pas comme ça que ces Moldus feront
confiance à des sorciers, si on n’arrête pas de leurs faire des farces ! Bon,
on y va, ou votre mère va finir par venir voir ce qu’on fabrique ! ajouta-t-il
précipitamment, à priori peu désireux de risquer de se retrouver face à face
avec les Dursley, non seulement à cause de l’incident des
Pralines-Longue-Langue mais aussi du salon dévasté. Incendio !” lança-t-il,
pointant sa baguette magique vers la cheminée où un feu ardent s’alluma
aussitôt.
“- Fred, tu passe en premier ! ordonna Mr Weasley à un
des jumeaux, après avoir jeté, dans le feu, de la poudre de cheminette.
- D’accord !
accepta Fred en se dirigeant vers le foyer aux flammes vertes émeraude. Le
Terrier ! annonça-t-il avant de pénétrer dans les flammes, qui étaient devenues
vertes.
- Georges, vas-y
avec les affaires de Harry !
- Pas de
problème, p’pa ! assura Georges, prenant aussitôt la valise de Harry et la cage
vide. Le Terrier ! ajouta-t-il à son tour en s’enfonçant dans le foyer.
- Harry, Ron,
allez-y tous les deux, ensemble ! continua Mr Weasley en se tournant vers eux.
- OK ! Viens
Harry ! lança-t-il en se dirigeant vers la cheminée, suivit par Harry, qui ôta,
par précaution, ses lunettes et les rangea dans sa poche. Le Terrier !”
s’exclamèrent-ils avant de disparaître dans les flammes.
Après une brève balade en spirale, les deux amis
ralentirent et finirent leur course devant l’âtre de la cheminée, dans la
cuisine des Weasley où, Mrs Weasley, une femme un peu dodue et bienveillante
s’affairait près de l’évier.
“ - Bonjour, Harry ! le salua-t-elle en l’apercevant. Tu
as passé de bonnes vacances ?
- Aussi bien
qu’elles peuvent l’être, chez les Dursley ! répondit Harry, remettant ses
lunettes. Merci pour les petits pâtés et les Fondants, ils étaient délicieux !
- Mais, c’était
tout naturel ! On n’allait pas te laisser mourir de faim chez ces Moldus !”
La porte donnant sur le jardin s’ouvrit alors sur deux
sorciers qui entrèrent, recouverts de boue, dans la cuisine. Tous les deux
étaient aussi roux que les autres enfants Weasley. Le premier, Bill, ancien
préfet en chef de Poudlard, travaillait, à présent, pour Gringotts, la banque
des Sorciers, avait les cheveux long et une boucle d’oreille avec un croc de
serpent, à la plus grande horreur de sa mère. Le deuxième, Charlie, avait été champion
de l’équipe de Quidditch de Gryffondor, quand il était à Poudlard. A présent,
il s’occupait de dragons en Roumanie.
“- Salut Harry ! lança Bill, en l’apercevant. C’est bon,
m’man, le dégnommage est terminé !
- Ouais ! Ils
sont pas près de revenir ! renchérit Charlie. Ah, tiens, Harry ! Comment ça va ?
- Dehors tous les
deux ! rugit leur mère, en les menaçant de sa baguette magique. Vous mettez de
la boue partout !”
Les deux frères sortirent, en riant, de la cuisine et
revinrent deux minutes plus tard, pieds nus, traversèrent discrètement la
cuisine et disparurent dans les escaliers menant aux étages.
“- Ron ! Aide Harry à monter ses affaire dans ta chambre
et ne faites pas trop de bruit en montant ! Percy travaille et tu sais comment
il est quand on le dérange !
- Ouais ! Ouais !
marmonna Ron. Allez viens Harry !
- Eh, vous voulez
qu’on vous montre un truc ? leurs demanda malicieusement Georges, assis dans
l’escalier, en les apercevant.
- Quel genre ?
demanda prudemment Ron.
- Notre dernière
invention ! répondit Fred.
- Non merci !
Sans façon ! répondirent aussitôt Ron et Harry, ne connaissant que trop bien
les “inventions” que les jumeaux pouvaient faire.
- Petit conseil, si
j’étais vous, je ne resterai pas dans le coin car on en a mis une sur le bureau
de Percy ! Nous, on est dans le jardin ! Salut !” ajouta Georges en se
dirigeant vers la cuisine, suivit par Fred. Au fait, on a déjà monté tes
affaires, Harry !
- On ferai bien
d’en faire autant ! intervint Ron, en regardant le haut des escaliers.
- Ouais !
approuva Harry, en se rappelant Percy, la dernière fois qu’il l’avait vu en
colère.
- Oh, et puis non
! On monte ! De toute façon, il faudrait vraiment ne pas avoir de chance, pour
que la blague de Fred et Georges marche au moment où on passera devant sa
chambre ! Mais si c’est le cas, on aura intérêt à se dépêcher ! On tente le
coup ?
- Vas-y ! De
toute façon, s’il y a un problème, on n’aura qu’à prétendre qu’on va chercher
l’Éclair de Feu !
- Ouais ! C’est
une bonne excuse ! Bon, on y va !”
Les deux garçons montèrent l’escalier. Arrivant devant la
chambre de Percy, ils entendirent, à leur plus grand malheur, un grand SPLATCH
et une série de jurons.
“ Et flûte ! pesta Ron. Bon, on n’a pas le choix, on
fonce !”
A ce moment-là, la porte s’ouvrit sur un Percy, le visage
recouvert d’un produit coloré et visqueux, très en colère. Ron et Harry
reculèrent, tout en se retenant pour ne pas éclater de rire.
“- Où...? Où sont-ils ? hurla Percy.
- Fred et Georges ? J’en sais rien ! répondit prudemment Ron.
- J’en ai plus
qu’assez de leurs trucs ! cria Percy, dévalant l’escalier, laissant sa porte
entrouverte.
- Ils sont mal !
Il s’énerve vraiment pour un rien, celui-là ! murmura Ron. Ce n’est rien qu’un
peu de peinture !
- Euh, tu dirais
pas ça, si tu voyais l’état de sa chambre !” intervint Harry, en lui montrant
la porte entrouverte de la chambre.
En effet, la chambre, plutôt exiguë, était aspergée du
même produit coloré que celui dont Percy était recouvert. Les murs, le bureau,
le lit, la cage d’Hermès, son hibou, Hermès et le sol étaient recouverts de
taches noires, jaunes rouges, vertes et bleues.
“-Là, ils ont fait fort ! souffla Ron. On ne devrai
pas... !
- Fred ! Georges ! Venez ici ! Tout de suite ! hurla Mrs Weasley, depuis la cuisine. Qu’est-ce
que vous avez encore fait ? Je vous avais pourtant interdit de continuer les
“Farces pour sorciers facétieux” !
- Euh, on ferai
mieux de monter dans ma chambre !” chuchota Ron en grimpant l’escalier menant à
sa chambre, une petite pièce où la couleur orange des Canons de Chudley,
l’équipe anglaise de Quidditch, dominait. On n’entendait pas l’habituel tapage
de la Goule qui avait élue domicile dans le grenier, au dessus de la chambre de
Ron. Par contre, Coq, voletait dans sa cage en hululant gaiement. Trois lits,
en plus de celui de Ron, avaient été installés.
- Fred et Georges
dorment ici, tandis que Bill et Charlie occupent leur chambre ! expliqua Ron.
Bon, et si on allait au terrain avec nos balais ? On pourra faire un match,
avec les autres !
- Ca m’étonnerai
que ta mère accepte car elle n’est pas prête de pardonner à Fred et Georges ! répondit
Harry, en redescendant, son Éclair de feu sur l’épaule.
- Attends ! Il
faut que je prenne mon Étoile Filante !” intervint Ron, ouvrant le placard à
balai, près de la porte de la cuisine où Mrs Weasley sermonnait toujours les
jumeaux tandis que Percy tentait, vainement, d’enlever la peinture qu’il avait
sur la figure.
“- Non mais vous n’avez pas honte ? Il me semble avoir
été... !
- Euh, m’man,
Harry et moi, on va au terrain !
- Oui, oui,
allez-y ! répondit-elle distraitement. De quoi ? Allez au terrain ? Non, les
enfants, restez plutôt jouer dans le jardin ! Aujourd’hui en tout cas !
- Mais... ! tenta
Ron.
- Ne discute pas
! rugit Mrs Weasley.
- Je parie que
c’est parce que Tu-Sais-Qui a... ! chuchota Ron à Harry, en s’éloignant, jugeant
inutile de s’attirer des ennuis en insistant.
- Voldemort ?
s’étonna Harry, qui s’arrêta immédiatement, voyant l’expression d’effroi
qu’affichaient tous les Weasley présents dans la cuisine, soit Mrs et Mr Weasley
qui interrompit sa lecture, Percy, les jumeaux et Ron, en entendant le nom du
mage noir.
- Tu ne pourrai
pas dire Tu-Sais-Qui ? s’exclama Ron, d’une voix sourde.
- Excusez-moi ! Ca m’a échappé ! s’excusa Harry, en
partant vers le jardin, avec Ron.
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