La vengeance de Voldemort

 

Chapitre 3 : Le Terrier

 

“- Harry ! Viens manger ! cria la tante Pétunia, depuis l’entrée.

 

             - J’arrive !” lança-t-il en réponse, en quittant son bureau.

 

            Deux jours s’étaient écoulés, depuis qu’il avait reçut l’invitation de Ron. La journée avait très mal commencé. En effet, Dudley avait, une fois de plus, fait exploser la balance, ce qui avait provoqué la colère de l’oncle Vernon, qui décidé à se plaindre auprès “des fabricants qui vendent de la camelote et trompent la confiance des consommateurs”, sortait, deux minutes après la mésaventure, claquant furieusement la porte. Harry, assis en haut des escaliers, observait la scène en se disant que les fabricants n’y pouvait rien si Dudley n’avait pas le gabarit moyen dont ils s’inspiraient pour construire leurs balances. Ils ne pouvaient pas savoir qu’il existait des adolescents qui pesaient plus de cent trente kilos. Il avait hâte de pouvoir fuir cette folie et que les Weasley viennent le chercher. Il en était là dans ses réflexions quand il entendit un hurlement furieux retentir dans le jardin, accompagné de jurons. L’oncle Vernon, rouvrit violemment la porte et s’arrêta sur le seuil, rouge de colère.

 

            “Harry ! Descend immédiatement !!!!” hurla-t-il à en faire trembler les murs.

 

            Harry, se demandant vaguement ce qu’il avait pu faire, ou ne pas faire, descendit lentement les escaliers, tout en songeant que son oncle se rappelait encore de son prénom.

 

            “- Qu’est-ce que c’est que ça ? hurla l’oncle Vernon, en l’apercevant, en lui montrant une lettre en parchemin.

 

             - Ben, une lettre ! répondit simplement Harry.

 

             - Envoyée par....! s’étrangla l’oncle Vernon.

 

             - Hibou ? suggéra Harry.

 

             - Comment oses-tu ?”

 

            L’oncle Vernon avait atteint le sommet de sa fureur. Il n’arrivait même plus à parler. Harry, pendant ce temps, s’efforçait de garder son calme, adossé à la rambarde de l’escalier. La tante Pétunia et Dudley s’étaient réfugiés dans la cuisine. Sûrement pour ne pas faire les frais de la colère de l’oncle Vernon.

 

            “- Je t’avais interdit, il me semble, d’écrire à tes... tes... semblables ! hurla l’oncle Vernon, en retrouvant l’usage de sa voix.

 

             - C’était il y a deux ans ! répondit tranquillement Harry. Et puis, si je ne peux pas écrire,... Sirius se poserait des questions !” ajouta-t-il avec un petit sourire en coin.

 

            Harry avait touché la corde sensible. Son oncle se calma aussitôt et parut même effrayé. En effet, pour tout le monde (sorciers et Moldus confondu), Sirius était un dangereux criminel en fuite. Ce qui n’était pas du tout le cas, il avait en fait été accusé de meurtres qu’un autre avait commis. Cependant, Harry avait, bien évidemment, passé sous silence ce petit détail. D’ailleurs, c’était grâce à son parrain qu’il avait une vie un peu plus facile ces derniers temps. En effet, la crainte des Dursley de voir un “criminel” arriver chez eux et les transformer en chauve-souris, si Harry avait des problèmes, avait permis à Harry de garder ses affaires dans sa chambre et de profiter de libertés un peu plus importantes. L’oncle Vernon, lui tendit alors, précipitamment, la lettre, sans dire le moindre mot et rejoignit les deux autres, dans la cuisine. Harry sourit et regagna sa chambre avec la lettre, qu’il ouvrit. Il reconnut l’écriture, précipitée de Ron.

 

                        “Harry,

            Je t’écris rapidement, pour te dire qu’on viendra par la poudre de cheminette, alors attend nous dans le salon, à 14h00 !

            A tout à l’heure !

                        Ron.”

 

            Le reste de la matinée passa sans trop de problèmes, et Harry profita de ce moment de calme pour faire une partie de ses devoirs, pour la rentrée. Cependant, il eut droit à une petite visite de Dudley, qui entra sans frapper, comme à son habitude. Il se figea sur le seuil en voyant Harry, assis sur son lit, occupé à cirer sa baguette. Celui-ci adressa un regard en coin à son cousin. Celui-ci, gros et gras, plus large que haut, avec son pyjama rose bonbon, avait vraiment l’air d’un cochon avec une perruque blonde. Son expression horrifiée et sa bouche pendante lui donnaient l’air encore plus bête que d’habitude. Il recula précipitamment et claqua la porte avant de hurler dans l’escalier.

 

            “Maman ! Harry fais “tu sais quoi” !”

 

            Aussitôt, Harry entendit les pas lourds de l’oncle Vernon, qui montait en vitesse l’escalier. Harry se contenta de faire comme si de rien n’était, même quand la porte de sa chambre s’ouvrit à la volée, laissant apparaître l’oncle Vernon, son impressionnante moustache, agitée de tics nerveux, son visage violacé convulsé, contrastant avec ses épais cheveux noirs et sa carrure massive.

 

            “- Je croyais que tu n’avais pas le droit de...! hurla-t-il.

 

             - Je ne fais pas de magie ! lança tranquillement Harry. Je ne fais que la nettoyer ! Mais...!

 

             - Mais quoi ? s’inquiéta son oncle, posant les yeux sur la baguette de Harry.

 

             - Si vous continuez à m’embêter, je pourrais peut-être avoir l’idée de m’en servir !”

 

            Entendant ses mots, l’oncle Vernon blêmit, referma la porte et redescendit l’escalier. L’incident était clos.

 

            Arriva donc l’heure du déjeuner. Harry descendit l’escalier et rejoignit les Dursley dans la cuisine. Aucun d’eux ne lui adressa le moindre mot. Ni l’oncle Vernon, caché derrière son journal, ni Dudley assis à l’autre bout de la table et qui triturait sa serviette, ni la Tante Pétunia, une femme mince au cou plus long que la normal et au visage chevalin, qui finissait de préparer le repas, près de l’évier. Le déjeuner se passa en silence, dans une ambiance plus que tendue. Dès qu’il eut avaler son quart de pamplemousse, Harry quitta la table et remonta dans sa chambre, pour finir de préparer ses affaires et se préparer un déjeuner digne de ce nom. Deux heures plus tard, il venait de fermer sa valise quand...

 

            Un hurlement de terreur des Dursley retentit dans le salon.

 

            “Qu’est-ce qu’ils ont encore ? marmonna Harry en jetant un regard à son réveil. Déjà 14h00 ? Et... ! Oups...! J’avais oublier de les prévenir que les Weasley venaient me prendre aujourd’hui !”

 

            Il se rua hors de sa chambre, descendit quatre à quatre les marches de l’escalier, déboula dans l’entrée, croisant au passage les Dursley, effrayés, qui se ruaient dans la cuisine, et s’engouffra dans le salon.

 

            “- Ah, te voilà, Harry ! lui lança quelqu’un. On commençait à croire que tu t’étais perdu en route !

 

            - Ron ? Vous êtes déjà là ?” s’exclama Harry, avec étonnement, en s’adressant à un des trois garçons roux, debout devant la cheminée, accompagnés de leur père.

 

            Ron, adossé contre le mur, le visage criblé de taches de rousseurs, en compagnie de Fred et Georges, les jumeaux de la famille, eux aussi scolarisés à Poudlard et qui y commencerait, cette année, leur septième et dernière année, à Gryffondor et batteurs de l’équipe de Quidditch. Leur père, grand mince, le crâne dégarnie, travaillait au ministère de la Magie, au bureau de détournement de l’artisanat Moldus et était passionné par tout ce qui touchait aux Moldus. Exceptionnellement, il ne s’intéressait pas à tout ce qui se trouvait dans le salon.

 

            “- Ben, à priori, oui ! répliqua Fred.

 

             - Eh ben, on leurs à fait peur à tes Moldus ! rigola Georges. On aurait crû qu’ils avaient vu le diable !

 

             - Ben, ils ont été quelques peu surpris ! avoua Harry. J’ai oublié de leurs dire que vous veniez me prendre !

 

             - Je comprend mieux, maintenant, pourquoi ils se trouvaient dans le salon ! remarqua Ron en souriant.

 

             - A ce que je vois, tu n’as pas encore descendu tes affaires ! observa Fred.

 

             - Whouah ! J’adore ton sens de l’observation, Fred ! se moqua Ron.

 

             - On va te les chercher, d’accord Harry ? Ta chambre est toujours au même endroit, je suppose ?” lança Georges avant de sortir du salon, avec son frère jumeau.

 

            Il revinrent deux minutes plus tard, portant la lourde valise de Harry, et la cage vide d’Hedwige.

 

            “- Voilà ! lancèrent-ils d’une voix satisfaite.

 

             - Bon, faudrait peut-être penser à y aller ! intervint Mr Weasley. Les Moldus vont finir par revenir dans le salon !

 

             - Mouais ! Mais, papa, si j’étais toi, j’m’inquièterai pas trop pour ça ! Ils risquent pas de vouloir nous revoir, après le coup des Pralines-Longue-Langue ! rigola Fred, jetant un regard de connivence à son jumeau.

 

             - Et tu es fier de ça, en plus ! s’énerva son père. Ce n’est pas comme ça que ces Moldus feront confiance à des sorciers, si on n’arrête pas de leurs faire des farces ! Bon, on y va, ou votre mère va finir par venir voir ce qu’on fabrique ! ajouta-t-il précipitamment, à priori peu désireux de risquer de se retrouver face à face avec les Dursley, non seulement à cause de l’incident des Pralines-Longue-Langue mais aussi du salon dévasté. Incendio !” lança-t-il, pointant sa baguette magique vers la cheminée où un feu ardent s’alluma aussitôt.

 

            “- Fred, tu passe en premier ! ordonna Mr Weasley à un des jumeaux, après avoir jeté, dans le feu, de la poudre de cheminette.

 

             - D’accord ! accepta Fred en se dirigeant vers le foyer aux flammes vertes émeraude. Le Terrier ! annonça-t-il avant de pénétrer dans les flammes, qui étaient devenues vertes.

 

             - Georges, vas-y avec les affaires de Harry !

 

             - Pas de problème, p’pa ! assura Georges, prenant aussitôt la valise de Harry et la cage vide. Le Terrier ! ajouta-t-il à son tour en s’enfonçant dans le foyer.

 

             - Harry, Ron, allez-y tous les deux, ensemble ! continua Mr Weasley en se tournant vers eux.

 

             - OK ! Viens Harry ! lança-t-il en se dirigeant vers la cheminée, suivit par Harry, qui ôta, par précaution, ses lunettes et les rangea dans sa poche. Le Terrier !” s’exclamèrent-ils avant de disparaître dans les flammes.

 

            Après une brève balade en spirale, les deux amis ralentirent et finirent leur course devant l’âtre de la cheminée, dans la cuisine des Weasley où, Mrs Weasley, une femme un peu dodue et bienveillante s’affairait près de l’évier.

 

            “ - Bonjour, Harry ! le salua-t-elle en l’apercevant. Tu as passé de bonnes vacances ?

 

             - Aussi bien qu’elles peuvent l’être, chez les Dursley ! répondit Harry, remettant ses lunettes. Merci pour les petits pâtés et les Fondants, ils étaient délicieux !

 

             - Mais, c’était tout naturel ! On n’allait pas te laisser mourir de faim chez ces Moldus !”

 

            La porte donnant sur le jardin s’ouvrit alors sur deux sorciers qui entrèrent, recouverts de boue, dans la cuisine. Tous les deux étaient aussi roux que les autres enfants Weasley. Le premier, Bill, ancien préfet en chef de Poudlard, travaillait, à présent, pour Gringotts, la banque des Sorciers, avait les cheveux long et une boucle d’oreille avec un croc de serpent, à la plus grande horreur de sa mère. Le deuxième, Charlie, avait été champion de l’équipe de Quidditch de Gryffondor, quand il était à Poudlard. A présent, il s’occupait de dragons en Roumanie.

 

            “- Salut Harry ! lança Bill, en l’apercevant. C’est bon, m’man, le dégnommage est terminé !

 

             - Ouais ! Ils sont pas près de revenir ! renchérit Charlie. Ah, tiens, Harry ! Comment ça va ?

 

             - Dehors tous les deux ! rugit leur mère, en les menaçant de sa baguette magique. Vous mettez de la boue partout !”

 

            Les deux frères sortirent, en riant, de la cuisine et revinrent deux minutes plus tard, pieds nus, traversèrent discrètement la cuisine et disparurent dans les escaliers menant aux étages.

 

            “- Ron ! Aide Harry à monter ses affaire dans ta chambre et ne faites pas trop de bruit en montant ! Percy travaille et tu sais comment il est quand on le dérange !

 

             - Ouais ! Ouais ! marmonna Ron. Allez viens Harry !

 

             - Eh, vous voulez qu’on vous montre un truc ? leurs demanda malicieusement Georges, assis dans l’escalier, en les apercevant.

 

             - Quel genre ? demanda prudemment Ron.

 

             - Notre dernière invention ! répondit Fred.

 

             - Non merci ! Sans façon ! répondirent aussitôt Ron et Harry, ne connaissant que trop bien les “inventions” que les jumeaux pouvaient faire.

 

             - Petit conseil, si j’étais vous, je ne resterai pas dans le coin car on en a mis une sur le bureau de Percy ! Nous, on est dans le jardin ! Salut !” ajouta Georges en se dirigeant vers la cuisine, suivit par Fred. Au fait, on a déjà monté tes affaires, Harry !

 

             - On ferai bien d’en faire autant ! intervint Ron, en regardant le haut des escaliers.

 

             - Ouais ! approuva Harry, en se rappelant Percy, la dernière fois qu’il l’avait vu en colère.

 

             - Oh, et puis non ! On monte ! De toute façon, il faudrait vraiment ne pas avoir de chance, pour que la blague de Fred et Georges marche au moment où on passera devant sa chambre ! Mais si c’est le cas, on aura intérêt à se dépêcher ! On tente le coup ?

 

             - Vas-y ! De toute façon, s’il y a un problème, on n’aura qu’à prétendre qu’on va chercher l’Éclair de Feu !

 

             - Ouais ! C’est une bonne excuse ! Bon, on y va !”

 

            Les deux garçons montèrent l’escalier. Arrivant devant la chambre de Percy, ils entendirent, à leur plus grand malheur, un grand SPLATCH et une série de jurons.

 

            “ Et flûte ! pesta Ron. Bon, on n’a pas le choix, on fonce !”

 

            A ce moment-là, la porte s’ouvrit sur un Percy, le visage recouvert d’un produit coloré et visqueux, très en colère. Ron et Harry reculèrent, tout en se retenant pour ne pas éclater de rire.

 

            “- Où...? Où sont-ils ? hurla Percy.

 

             - Fred et Georges ? J’en sais rien ! répondit prudemment Ron.

 

             - J’en ai plus qu’assez de leurs trucs ! cria Percy, dévalant l’escalier, laissant sa porte entrouverte.

 

             - Ils sont mal ! Il s’énerve vraiment pour un rien, celui-là ! murmura Ron. Ce n’est rien qu’un peu de peinture !

 

             - Euh, tu dirais pas ça, si tu voyais l’état de sa chambre !” intervint Harry, en lui montrant la porte entrouverte de la chambre.

 

            En effet, la chambre, plutôt exiguë, était aspergée du même produit coloré que celui dont Percy était recouvert. Les murs, le bureau, le lit, la cage d’Hermès, son hibou, Hermès et le sol étaient recouverts de taches noires, jaunes rouges, vertes et bleues.

 

            “-Là, ils ont fait fort ! souffla Ron. On ne devrai pas... !

 

             - Fred ! Georges ! Venez ici ! Tout de suite ! hurla Mrs Weasley, depuis la cuisine. Qu’est-ce que vous avez encore fait ? Je vous avais pourtant interdit de continuer les “Farces pour sorciers facétieux” !

 

             - Euh, on ferai mieux de monter dans ma chambre !” chuchota Ron en grimpant l’escalier menant à sa chambre, une petite pièce où la couleur orange des Canons de Chudley, l’équipe anglaise de Quidditch, dominait. On n’entendait pas l’habituel tapage de la Goule qui avait élue domicile dans le grenier, au dessus de la chambre de Ron. Par contre, Coq, voletait dans sa cage en hululant gaiement. Trois lits, en plus de celui de Ron, avaient été installés.

 

             - Fred et Georges dorment ici, tandis que Bill et Charlie occupent leur chambre ! expliqua Ron. Bon, et si on allait au terrain avec nos balais ? On pourra faire un match, avec les autres !

 

             - Ca m’étonnerai que ta mère accepte car elle n’est pas prête de pardonner à Fred et Georges ! répondit Harry, en redescendant, son Éclair de feu sur l’épaule.

 

             - Attends ! Il faut que je prenne mon Étoile Filante !” intervint Ron, ouvrant le placard à balai, près de la porte de la cuisine où Mrs Weasley sermonnait toujours les jumeaux tandis que Percy tentait, vainement, d’enlever la peinture qu’il avait sur la figure.

 

            “- Non mais vous n’avez pas honte ? Il me semble avoir été... !

 

             - Euh, m’man, Harry et moi, on va au terrain !

 

             - Oui, oui, allez-y ! répondit-elle distraitement. De quoi ? Allez au terrain ? Non, les enfants, restez plutôt jouer dans le jardin ! Aujourd’hui en tout cas !

 

             - Mais... ! tenta Ron.

 

             - Ne discute pas ! rugit Mrs Weasley.

 

             - Je parie que c’est parce que Tu-Sais-Qui a... ! chuchota Ron à Harry, en s’éloignant, jugeant inutile de s’attirer des ennuis en insistant.

 

             - Voldemort ? s’étonna Harry, qui s’arrêta immédiatement, voyant l’expression d’effroi qu’affichaient tous les Weasley présents dans la cuisine, soit Mrs et Mr Weasley qui interrompit sa lecture, Percy, les jumeaux et Ron, en entendant le nom du mage noir.

 

             - Tu ne pourrai pas dire Tu-Sais-Qui ? s’exclama Ron, d’une voix sourde.

 

- Excusez-moi ! Ca m’a échappé ! s’excusa Harry, en partant vers le jardin, avec Ron.

 

 

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